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Inventaire du patrimoine

Un état des lieux du patrimoine bâti sur les sept communes du canton a été commandé par la Communauté de Communes à la Conservation du Patrimoine de l'Isère.

Objet : disposer d'une base de données pour mieux préserver et valoriser le bien commun.


Cette opération a bénéficié d'une aide du Conseil Général de l'Isère au titre de la valorisation des sites patrimoniaux et d'une aide du Parc Naturel Régional du Vercors conforme à l'article de sa charte « Mieux connaître et faire connaître les patrimoines culturels ». Elle a été conduite par l'association « Musée et Patrimoine », sous la direction de la Conservation du Patrimoine de l'Isère dépendant du Conseil Général.

Aude Jonquières, architecte, et Marion Vivier, historienne de l'art, ont assuré ce travail de fourmi durant l'été 2001. Leur repérage sur le terrain a duré deux mois et demi. Leur travail est consultable dans chaque mairie et à la médiathèque du PNRV.

Nous devons un grand merci à nos historiens et amis du patrimoine (Cahiers du Peuil, Drabons et Chieures, Club des anciens d'Autrans, entre autres) qui leur ont ouvert leurs portes et leur ont généreusement transmis leur savoir oral et écrit.

Photo MP

L'intérêt est double
Sans refaire ce qui a été entrepris précédemment, comme la mission « Archéologie chez vous » de 1987 ou les recherches publiées dans les Cahiers du Peuil, le repérage a porté sur les périodes modernes et contemporaines en privilégiant :

  • le patrimoine bâti rural - fermes et maisons de maître - ainsi que le petit patrimoine : bassins, fours, croix, travail à ferrer, chemins lauzés,
  • le patrimoine touristique et climatique.


L'intérêt est double : d'abord recenser tous les éléments repérés, les localiser, les photographier, les décrire en vue d'établir un document de référence ; ensuite, mettre cet outil à la disposition des habitants, pour améliorer leur connaissance, et de tous les porteurs de projets qui cherchent à préserver, restaurer et valoriser le patrimoine reconnu. Des initiatives particulières pourront être prises plus facilement : création d'une cartographie spécifique, de parcours de découverte, d'itinéraires à thèmes.

Photo MP

Deux façons d'habiter la montagne
A l'intérieur du champ patrimonial, deux axes forts ont été privilégiés : le patrimoine rural, qui incarne la tradition, et le patrimoine touristique et climatique, porteur de modernité. Si ces deux « familles » semblent opposées par les objets architecturaux qu'elles rassemblent, il faut reconnaître qu'elles fondent l'identité du Plateau. Elles nous montrent deux façons d'habiter la montagne.

  • Le patrimoine rural présente une grande unité architecturale et les témoins sont encore nombreux. Au premier abord, il était permis de penser que la plupart des fermes dataient du XIXe siècle, époque de prospérité du Plateau. Il n'en est rien. Nombre d'entre elles sont bien plus anciennes et remonteraient au XVIIe siècle. Elles ont été agrandies au XIXe siècle pour répondre au besoin de stockage du foin. On a gagné de l'espace en allongeant le corps de bâtiment ou en surélevant la toiture. Le procédé bien connu des anciens est assez étonnant : la charpente entière est soulevée sans être démontée, à l'aide de crics ; la hauteur dégagée est maçonnée et l'ensemble est reposé tout simplement sur le nouveau mur ! Un ½il exercé peut déceler la trace de l'ancien pignon sur la façade.
Photo CCMV

Quelquefois, la date de la surélévation est gravée dans l'enduit que l'on a refait dans la foulée. L'étude de l'Ecole d'Avignon (Centre de formation à la réhabilitation du patrimoine architectural) sur les façades du canton avait déjà souligné cette particularité locale : la fréquence des enduits datés, surtout de la fin du XIXe siècle (cette étude a été financée par le Parc Naturel Régional du Vercors dans le cadre de l'opération Façades menée sur le canton par la CCMV)! Autre particularité : le nombre de fours à pain. Plus de 120 ont été repérés ! Ils sont situés à l'intérieur de l'habitat ou construits « en verrue » sur le mur pignon ou isolés dans un petit bâtiment à part. Ils appartiennent au corpus du petit patrimoine où figurent également les bassins en pierre, les loges à cochon, les travails à ferrer, les croix de chemin...

  • Les bâtiments touristiques et climatiques sont bien moins nombreux que les fermes du Vercors. Mais comme ce champ patrimonial était inexploré, il a fallu faire une recherche approfondie sur les édifices et recueillir les témoignages de leurs occupants. Les premiers établissements datent des années 1920. Créés pour soigner les enfants fragiles et prétuberculeux, ils ouvrent leurs façades au soleil à la lumière et au grand air, les éléments de base de la cure. Leur architecture s'adapte à cette exigence d'ouverture : balcons épurés aux garde-corps métalliques, galeries de cure largement vitrées, immenses fenêtres et, fréquemment, utilisation du béton qui minimise l'épaisseur de la structure au profit des ouvertures.

Une architecture « économique » ? Non, des inventions technologiques au service de l'hygiène. L'étude des bâtiments climatiques a aussi levé le voile sur sa clientèle de l'époque : riche et oisive. Le Grand Adret, hôtel-établissement de physiothérapie de grand luxe, avait des décors intérieurs et un mobilier prestigieux. Les maisons d'enfants ou les écoles de plein air accueillaient avant la guerre les héritiers des grandes familles françaises. Villard-de-Lans était une station « chic » !
Chacun, dans chaque commune, pourra consulter le résultat de l'inventaire sous forme de document écrit. Ceci est une première étape. La Communauté de Communes s'attachera à élaborer avec ses partenaires institutionnels (Conseil Général, Parc Naturel Régional du Vercors) la mise en valeur de ce travail remarquable.
 


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